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Au
moment de l’accident de l’Amoco Cadiz, j’étais adjoint au maire de
la ville de Brest et expert européen pour l’instrumentation océanologique et la météorologie marine. (Action COST 43)
Ces
deux fonctions m’avaient amené, à l’époque, à intervenir dans le
processus de création de l’Association des maires des communes de la Côte
Nord de la Bretagne touchées par la marée noire.
J’avais
aussi été à l’initiative d’un colloque qui s’est tenu à Brest
les 28, 29 et 30 mars 1979, un an après cette catastrophe.
C’est
à partir de cette expérience politico-scientifique que j’ai été amené
à me faire une idée précise sur la méthode qui doit présider à la définition
d’une politique de l’environnement. Le résultat général auquel
j’arrivai est que le bon sens ne suffit pas toujours pour traiter des
problèmes d’environnement. Sur les questions difficiles telle que la
pollution des mers par les hydrocarbures, il faut consulter l’ensemble
de la communauté scientifique internationale. Or, le 12 décembre 1999,
des tempêtes exceptionnelles ont provoqué des dégâts importants dans
notre environnement naturel (les forêts) ou technique (les lignes à
haute tension) et provoqué l’accident de l’Erika. L’émotion dans
l’opinion publique française m’a rappelé ce que nous avions vécu à
Brest en 1978. J’ai été frappé par la similitude des slogans scandés
par la foule à Brest après l’Amoco Cadiz et à Nantes
après l’Erika: «Plus jamais ça !» disait-on déjà.
Or,
le 5 février, j’ai eu l’occasion de rencontrer Jean Marc Ayrault, député-maire
de Nantes et Président du groupe socialiste à l’A.N. Nous sommes tombés
d’accord sur ce point essentiel : «pour qu’il y ait avancée de la
Société, il faut que les politiques puissent agir et --dans le domaine
de l’Environnement qui nous intéresse ici--, s’appuyer sur des avis
de la communauté scientifique. Il faut donc que celle-ci
puisse collectivement, et en toute indépendance, s’exprimer».
Le
colloque spécialisé est la méthode, désormais classique, pour
recueillir ses avis. Il faut faire oeuvre collective, contradictoire,
pluridisciplinaire, internationale et de très haut niveau pour être «utiles».
Etre capables d’assurer aux politiques --ceux du moins qui ont le souci
de nous consulter-- que nous sommes aptes à faire le point sur l’état
de la recherche, les avancées possibles dans l’immédiat et partant des
études qu’il serait intéressant de susciter et de financer.
Depuis
22 ans que s’est-il donc passé ? Quelles sont les similitudes et les
différences entre ces deux accidents. Le contexte juridique, économique
et politique dans lequel ils se sont produits sont-ils tellement différents?
Les méthodes de lutte ont-elles fait de réels progrès ? Les scénarios
de simulation du déplacement et de l’impact des hydrocarbures ont-ils répondu
aux attentes ? S’est-on donné les moyens de mieux s’organiser, de
mieux communiquer à l’opinion publique la vérité sur ce qui est arrivé
et sur ce que l’on fait pour pallier les conséquences d’un tel
accident ?
v
Pour
organiser le colloque Amoco, à Brest en 1979, je m’étais appuyé sur
l’Union des Villes du Littoral Ouest Atlantique, structure dépendant de
la Fédération mondiale des villes jumelées. Cette structure n’existe
plus. Nous avons donc créé notre propre association dont le siège
social a été fixé sur les conseils de Jean Marc Ayrault à la Maison de
l’Environnement de Nantes.
Dès lors que le principe d’un colloque est acquis, quatre questions
se posent à nous.
1) La date. Comme pour l’Amoco Cadiz nous choisissons la
date anniversaire de l’accident: les 11, 12 et 13 décembre 2001.
C’est en effet un symbole fort qui permettra d’avoir une couverture médiatique
importante. A travers cette couverture médiatique, les politiques que
nous voulons servir --ceux qui sont en capacité de prendre des mesures
concrètes-- auront plus de facilité pour le faire.
Car
ce qui est souhaitable est que tout soit fait pour que la probabilité a
priori de tels accidents tende vers zéro. Ce qui ne veut pas dire
naturellement que cette limite soit jamais atteinte.
Il
est probable que d’autres que nous auront eu l’idée d’organiser un
colloque scientifique et technique à cette date. Qu’ils adhèrent à
notre association pour pouvoir en discuter de façon interne ou
s’associent de façon plus souple, c’est à discuter au cas par cas.
Notre souci est d’aboutir au maximum de cohérence entre les diverses
initiatives, à une seule condition cependant : que ce ne soit pas au détriment
du niveau de compétences et du caractère international du colloque.
2) Le lieu. Autant que faire se peut, nous voulons
symboliquement nous rapprocher de l’épicentre de l’accident. Nantes
est-il trop dans les terres? Notre siège social y est domicilié à la
maison de l’Environnement et Le Pouliguen accepte de nous accueillir au
moins les deux derniers jours et c’est dans cette région que la
pollution a été la plus forte et le travail sur le terrain bien mené.
3) La méthode. Vingt
deux ans après, l’équipe de l’Amoco Cadiz s’est retrouvée avec
plaisir mais avec nombre d’années en plus, si bien que certains
d’entre nous sont en retraite ou en passe de l’être.
Mais
le Président de notre conseil scientifique, Lucien Laubier, membre de
l’Institut, directeur de la station marine d’Endoume (Marseille), est
conscient de cette difficulté. Il a affirmé sa volonté de s’entourer
de chercheurs ou d’ingénieurs confirmés mais encore en pleine activité,
c’est-à-dire plus jeunes que nous. Ce conseil scientifique sera chargé
d’établir le programme du colloque et d’en déduire des propositions
de conférenciers.
Ce
premier relais de mémoire sera prolongé par le projet de liaison
internet conçu avec la Cité des Sciences et de l’Industrie de La
Villette. Grâce à ce projet, c’est à des jeunes, lycéens ou étudiants,
que nous transmettrons notre intérêt pour ce sujet et, pour les intéresser
véritablement, nous leur donnerons un rôle actif de participants à
distance au colloque.
Une autre liaison avec Martigues permettra de poser un problème qui,
heureusement, est resté théorique : « si l’accident de l’Erika
s’était produit en Méditerranée quelles en auraient été les conséquences?»
En
outre, le CNES nous offre un canal sur le satellite du «bouquet TPS» qui
permettra à quiconque adhère à notre association, particulier ou
collectivité territoriale, d’assister au colloque à distance, pourvu
qu’il ait une parabole classique du commerce.
Enfin,
au troisième anniversaire, nous essairons de créer un CDRE européen.
4)
Le sujet. Notre propos ne se limite pas à l’accident de l’Erika
car, si celui-ci, comme l’avait fait l’Amoco Cadiz, a profondément
touché l’opinion publique française, les problèmes de pollution
marine par les hydrocarbures et autres produits dangereux sont bien plus
vastes. Il faut parler des dégazages frauduleux, du stockage ou du
traitement des déchets. Il faut parler de la dégradation de l’espace
terrestre situé au delà de la laisse de haute mer et des moyens de
reconstitution à mettre en oeuvre. Il faut parler des indemnisations, de
la perte d’aménité des côtes touchées. Il faut parler de tout
l’arsenal juridique du droit de la
mer à connaître et à améliorer... et naturellement de l’Ievoli Sun.
Notre
projet
(texte
de fin septembre 2001)
Ce
serait trop dire que de prétendre que ce projet était pensé dès
le premier jour tel qu’il existe aujourd’hui.
A
chaque contact que nous avons eu avec divers interlocuteurs : membres de
cabinet ou de services ministériels, élus, collaborateurs d’élus,
responsables de service dans les départements, les villes et les régions,
des idées nouvelles se sont fait jour. Après discussion
entre nous (bureau et/ou conseil scientifique), nous avons infléchi
le projet pour les intégrer. Mais maintenant, il faut le figer.
Voici
l’historique de sa genèse :
Ÿ
le 5 Février 2000, j’ai assisté à une
manifestation à Nantes et y ai rencontré Jean Marc Ayrault maire de
cette ville.
Ÿ
le 23 Avril, le maire de Nantes m’a écrit pour nous encourager à
organiser un colloque scientifique semblable à celui de Brest de mars
1979.
Ÿ
Le 5 Juillet 2000, une délégation de notre association a été reçue
par Madame Bettina Laville du cabinet du premier ministre. Elle nous a
vivement encouragés.
Ÿ
Le 9 septembre Madame Bettina Laville et M. Nicolazo nous ont reçus de
nouveau. Madame Bettina Laville a confirmé le soutien de Matignon.
Ÿ
Au moment du premier anniversaire de l’accident de l’Erika, le
12 décembre 2000, nous avons lancé «l’Erika-thon» pour associer
toutes les collectivités territoriales littorales à notre démarche. Une
somme symbolique (5centimes par habitant) leur a été demandée pour
marquer concrètement leur solidarité.
Ÿ
Au deuxième anniversaire,
le 12 décembre 2001, nous tiendrons un colloque scientifique dont
l’objectif est de dégager une équipe polydisciplinaire et
internationale qui puisse être mise à la disposition de tous les
responsables de côtes qui pourraient être de nouveau touchées par de
telles catastrophes.
Ÿ
Au troisième anniversaire, nous essaierons de susciter la création d’un
CEDRE européen dégagé des influences dangereuses.
Ÿ
Au quatrième anniversaire, nous dissoudrons l’association pour transférer
nos responsabiltés soit au gouvernement français (dans l’organisation
actuelle, le secrétariat général de la mer) soit à la commission des
communautés européennes.
Ce
projet peut se résumer ainsi : mobiliser la communauté
scientifique internationale pour la tenir à la dispo- sition de
tous les responsables politiques qui voudront la
consulter.
Mais
pour atteindre ce but, il faut aussi associer l’opinion publique à
notre entreprise et lui donner suffisamment d’informations pour que
l’image qu’elle se fait du phénomène des pollutions d’origine
maritime de nos côtes soit aussi proche que possible de la réalité. Par exemple, le danger que court l’écosystème
en atlantique et en Méditerranée n’est pas le même. Au Danemark, en
Bretagne, l’écosystème mettra peut-être 10 ans à se reconstituer
mais il le fera, si du moins le rythme des accidents est significativement
ralenti. En Méditerranée, en cas de catastrophe grave, il risque d’être
détruit de façon irréversible.
T. S. V. P.
En outre, il faut
attirer l’attention sur le
rôle éminent que nous avons
donné au Conseil scientifique. Il est plus important que celui du bureau
de l’Association :
Ÿ
Il propose le programme du colloque
et les conférenciers (ères)
Ÿ
Il invite les participants au
colloque parmi les candidats.
Ÿ
Pendant le colloque à l’aide des
secrétaires de séance qu’il a désignés en son sein, il suit les débat
pour pouvoir restituer le
colloque dans une conférence de presse le vendredi à 15 heures.
Ÿ
Il choisit parmi les
participants au colloque une équipe de volontaires qui
constitueront l’équipe d’évaluation, de conseil et d’intervention
en cas de nouvelle catatrophe.
Ÿ
Remarquons également l’effort de rajeunissement des équipes d’experts
que nous tentons.
Ÿ
Le conseil scientifique lui-même
est composé d’un majorité de chercheurs encore en activité c’est-à-dire
plus jeunes que les membres du bureau.
Ÿ
Les participants invités seront également
des chercheurs en activité
Ÿ
Enfin, les jeunes des lycées et
collèges seront associés à travers le satellite et le site internet. au
colloque lui-même. Concrètement, une visioconférence organisée après
chaque séance permettra aux jeunes de poser les questions qu’ils
voudront aux conférenciers après avoir assisté de chez eux, de leur lycée,
d’une maison de l’environnement, ... au colloque pourvuqu’ils
disposent simplement d’une parabole du commerce calée sur le satellite
porteur du bouquet TPS.
Nous avons constaté que tous les jeunes du littoral sans
exception, s’intéressent aux pollutions marines. Ils constituent une
force politique et un gage de
continuité de notre action.
Le Président de l’association : Jacques Martinais:
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