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Qui
fournit l'équipement ?
C'est
nous qui en faisons la demande auprès du poste de commandement de la
Baule qui lui-même les achète et quand on a besoin de matériel on
remplit des fiches qu'on lui envoie ; au début c'était au
compte-gouttes maintenant c'est mieux.
Des
bénévoles sont venus aider pour les plages alors il faut des pelles,
des parkas etc. Combien coûte tout le matériel ?
En
ce qui concerne l'équipement les gens au départ on leur demandait
d'apporter le matériel qu'ils avaient chez eux car on n'avait rien à
leur donner, donc au bout de quelques jours quand même, la lutte s'est
organisée : le poste de commandement a mis à notre
disposition ce petit matériel pour équiper des gens : bottes,
combinaisons jetables, gants, et même des lunettes pour certains. On a
mis à notre disposition des pelles, des râteaux, des truelles, des
grattoirs, des poubelles, des seaux, du polyuréthanne qui est un film
qui évite de polluer par le passage des bénévoles.
La
télévision a présenté de grosses grues qui servent à soulever les
bennes pour récupérer le pétrole. Combien
sont-elles louées?
Pour
une grue de 30 tonnes cela peut coûter jusqu'à 500 francs de
l'heure. Une grue de 250 tonnes comme celle qui est au Robert cela
coûte 16000 francs par jour
L'Etat
a t-il versé une aide à la commune?
Beaucoup
d'aides nous sont soit disant allouées car dans les journaux on est
toujours en train de dire, l’Etat donne tant de millions, la FIPOL a
donné tant de millions, le Conseil Général a donné tant de millions
mais en fin de compte nous n’avons pas eu un sous, donc quand on reçoit
une facture elle est donnée au poste de commandement et bien d'autres
factures leur seront transmises car les gens qui viennent travailler il faut
bien les nourrir. En fait cela est géré par le poste de commandement.
Mais pour les dépenses supplémentaires propres à la commune nous
n'avons rien eu.
Benjamin
L'aide
Il
y avait des bénévoles, combien avez-vous pu en recenser?
Il
y a eu une solidarité exemplaire, dès le début, qui nous encourage. Il y
a eu un élan incroyable de la part des gens. On a reçu des milliers
d'appels téléphoniques de partout, de toute la France même de l'étranger.
Des gens qui sans doute devaient être venus pendant les vacances et qui
se sont sentis concernés par cette affreuse chose. On continue encore
aujourd'hui à recevoir des coups de téléphone et on commence seulement
à réussir à gérer l'ensemble car nous avons évacué le plus gros de
la pollution et maintenant on est rendu à ramasser à la fourchette. Tout
le très gros a été retiré.
Des
médias ont déclaré que certains bénévoles avaient causé des dégâts
en ramassant le mazout, est-ce vrai ?
Comment
agir ? D'un côté c'est vrai que les gens dans leur désir de bien faire
n'ont pas pensé que "ce n'était pas le tout d'aller sur la plage avec un
seau et une pelle" mais une fois que le seau est plein qu'est ce qu'on en
fait? Il faut que derrière il y ait toute une logistique à savoir : en
haut des plages des engins pour ramasser le pétrole puis des décharges dans un
site de pré stockage. Il a fallu beaucoup de temps pour organiser et les
bénévoles, au départ dans leur ardeur ne comprenaient pas : pour eux il
a fallu retirer. Mais ça ne sert à rien si on n'a pas la place de
d'entreposer cette "saloperie".
La
mobilisation
de la sécurité civile de tout l'hexagone.
L'armée
a-t-elle apporté un plus?
Chez
nous les premières unités à venir, c'était la sécurité civile, ce
sont des pompiers militaires, nous en avons reçu à partir du 3ème
et 4ème
jour, ils sont venus au nombre de 20. Alors 20 comparé à l'immensité de
la tâche, qu'est-ce que c'est? C'était un départ mais il ne fallait pas
oublier qu'à ce moment la France avait subi les tempêtes donc beaucoup
d'unités de militaires ont été réquisitionnées dans toute la France.
Ensuite les pompiers qui venaient du Gers et de la Gironde puis la marine
qui venait de Brest et de Vannes enfin les aviateurs qui venaient d'Istre,
d'Orange et de Marignane. Mais il n'y avait pas que des pilotes, il y
avait aussi des mécaniciens, des gens des bureaux et il y avait beaucoup
de femmes parmi eux. Sont arrivés dernièrement des renforts
qu'on appelle la colonne Nord, de la région de Lille et nous avons aussi
des gens de la CORSE.
Ces
pompiers militaires étaient-ils volontaires ou contraints par les ordres
?
Bien
sûr le ministère de l'intérieur a donné l'ordre, mais nous en avons
rencontré plusieurs qui se disaient volontaires, car certains avaient
participé à l'Amoco cadiz.
Toutes ces personnes ne se sont-elles pas
lassées, et n'ont-elles pas fini par renoncer ?
On
ne sait pas trop, il y en a eu la semaine passée pour l'histoire du
laboratoire (risque de cancer!), mais
très très peu.
Mis à part les militaires et les bénévoles, des
personnalités sont-elles venues ?
Oui
bien sûr, nous avons vu le président du Conseil Général monsieur
Dejoie, le président du Conseil Régional monsieur Fillon, le Maire de Nantes
Monsieur Hérault
Julien
Les
autres services de la commune ne souffrent-ils pas de la mobilisation?
Quand
cette affaire est arrivée,
le personnel municipal a été mobilisé parce qu'il fallait quand même
parer au plus rapide et les élus, le maire et les adjoints sont entrés
tout de suite dans le vif du sujet et ont
pris la direction des opérations.
Pouvez-vous nous indiquer le travail d'une journée d'un bénévole?
Les
bénévoles travaillent en fonction des marées, car il y a des endroits
où la mer se retire peu comme les criques. Les bénévoles ont une
pause casse-croûte et c'est notamment la ville de Nantes qui leur fournit des repas chauds. Les militaires
ont des repas plus rapides
pour ne pas faire d'interruption dans le travail, toujours à cause des
marées.
Et
pour un élu quelle journée type?
Elle
commence à 7h30, il faut faire chauffer le café, à 9h00 on commence à
servir dans des marmites norvégiennes et après tout le monde va
chercher son café. Ensuite il faut organiser la dépollution, dispatcher
les équipes, les équipements... Le soir nous nous réunissons pour le
planning du lendemain et il n'a pas été rare de finir après 21h00.
Pour
conclure cette malheureuse affaire il ne faut pas que cela se reproduise
bien sûr. Mais on a parlé des dégâts matériels, et cependant
personne ou presque n'a parlé des marins qui risquaient leur vie sur
cette poubelle; pourtant la sécurité des personnes n'est-elle pas
primordiale?
Ne doit on pas protéger l'homme d'abord? Et
en protégeant
l'homme ne protège t-on pas la nature ?
Quentin
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