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A propos du
naufrage de l'Erika :
Combien de drames faudra-t-il pour comprendre et agir ?
(23/12/1999)
Le
site du diocèse de NANTES
L'Erika ? C'est un bateau d'origine japonaise ; son
propriétaire est italien ; son pavillon maltais ; son équipage. Indien
; son affréteur, une société pétrolière internationale très
puissante, Total Fina. C'est assez dire pour comprendre que l'on n'a pas
fini de se renvoyer la
balle des responsabilités.
Voilà des dizaines d'années que, non sans lucidité
ni courage, la Mission de la Mer «petite voix de notre Église qui crie
dans le désert » essaie de nous alerter. Elle dénonce sans être écoutée
la loi de la jungle qui règne de plus en plus sur le commerce maritime
; cette loi est simple :
naviguer au moindre coût.
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Quitte
à exploiter des marins pas chers, de toutes nations, mélangés
souvent pour qu'ils ne se comprennent que sur l'essentiel, et qu'on
abandonnera sur n'importe quel quai quand on n'en aura plus besoin.
-
Quitte
à leur imposer des rythmes de travail inhumains pour « arriver à
temps», c'est à dire au plus vite.
-
Quitte
à affréter de vieux navires qui ne correspondent plus aux normes
de sécurité d'aujourd'hui, plus ou moins « tas de rouille » ou
« navire poubelles » qui changent de noms tous les trois ans, échappent
à de vrais contrôles de sécurité en
naviguant sous l'un ou l'autre des quatre grands pavillons de
complaisance (Panama, Libéria, Malte et Chypre). Lesquels financent
assez l'O.M.I (Organisation Maritime Internationale) pour en contrôler
!e fonctionnement discutable, c'est le moins que l'on puisse dire.
Combien de catastrophes humaines, écologiques faudra-t-iI
pour s'attaquer à leurs vraies causes? Les marins de l'Erika sont sauvés,
c'est l'essentiel. . Le capitaine n'est
plus en prison, c'est sans doute justice. Mais on comprend la
peur des habitants de la Côte et des Iles, des marins pécheurs, des
conchyliculteurs et de ceux qui vivent du tourisme : c'est
la mer vivante qui les fait
vivre ! On devine la peine que vont prendre, au moment des fêtes de Noël.
militaires et civils pour faire face à la marée noire, tandis que,
peut-être, les vrais responsables du drame réveillonneront
tranquilles.
Avec la Mission de la Mer, nous appelons les états Côtiers
européens, en priorité là où le trafic. maritime est dense, à accroître
leurs liens et leur
collaboration afin qu'ils assurent une meilleure protection légale aux
marins de ces «pavillons de complaisance », et qu'ils imposent à tous
le respect des règles internationales en matière de sécurité et de
contrôle des navires.
Mgr
François GARNIER, Évêque de Luçon
Mgr
Georges PONTIER, Évêque de La Rochelle. ,
Mgr
Georges SOUBRIER. Évêque de
Nantes
Et
les responsables des la Mission de la Mer en Vendée, Charente Maritime et
Loire Atlantique
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