Réalisation
du groupe scolaire Théophane Vénard
Nantes

JP Gallerand

Site SVT 44

 

Net d'or à l'école 2000

Navigation

Accueil
Plan du site
Rechercher dans le site
Nous écrire
Livre d'or
Forum

Nous

Nos récompenses
On parle
de notre site
On nous encourage
Nos partenaires
Nos invités
Objectifs du site

PRESTIGE

Informations
Photos et reportages
Environnement et politique
Vos réalisations
Vos informations
Infos presse
Vos commentaires
  Liens

ERIKA

Le procès
Infos scientifiques
Réponses aux questions
Le traitement des déchets (Total)
Infos IFREMER
Interviews
Enquêtes
Photos (+ 300)
Notre chanson 
Nos dessins
Nos poèmes
Nos jeux
Liens
Le petit vénard
Rions noir
Vos témoignages
Vos productions
Aidez les associations

Autres pollutions

Macrodéchets sur les plages
Macrodéchets en mer
Nous sommes tous des pollueurs
Autres pollutions
AMOCO CADIZ
IEVOLISUN

Les autres projets "environnement" du collège


Écrire à 
JP GALLERAND coordinateur du projet
 et  webmaster

Mentions légales

 

 

 

IFREMER NANTES

Erika : brève rétrospective

 

 

Décembre

 

Le naufrage

Le 12 décembre au matin le pétrolier maltais Erika, chargé de 30 000 tonnes de fuel n° 2, appartenant à TotalFina, s’est cassé en deux dans les eaux internationales, au large de Penmarch (pointe Sud du Finistère), pendant l’hélitreuillage de son équipage, qui a été entièrement sauvé. Le plan POLMAR-mer est déclenché le soir même de la catastrophe. Le coordinateur en est le Préfet Maritime d'Atlantique basé à Brest. Il est assisté d'organismes comme le CEDRE, METEO FRANCE, IFREMER… et bien entendu les Douanes et la Marine Nationale.

 

 

De quel pétrole s'agit-il?

Alerté par la Préfecture Maritime, le Cedre (Centre Européen de Documentation et de Recherche pour la lutte contre les pollutions accidentelles) demande à TotalFina la fiche du produit. Il constate que le pétrole est lourd, d’une densité très proche de celle de l’eau et très visqueux . Il est donc impossible de le disperser chimiquement. Le Cedre reçoit 100 litres du pétrole de l'ERIKA pour faire des tests d'évolution dans son polludrome et constate que le fuel reste flottant et se fragmente peu formant une émulsion à 30 % d'eau le premier jour et à 50% le deuxième jour.

 

 

La dérive des nappes et les premières opérations de pompage

Les premières observations de la Marine Nationale et des Douanes indiquent une nappe de 15 km de long, estimée à environ 3 000 tonnes. La partie avant du navire coule dans la nuit du naufrage et la partie arrière coule à 14h50 le lendemain, en cours de remorquage. Puis, plusieurs nappes de fuel sont repérées, se déplaçant vers l’est à une vitesse de 1,2 noeuds. Les jours suivants  la mer est très forte et disperse les nappes. Mélangé à l'eau, le pétrole se solidifie formant d'innombrables petites boulettes noires. Par une mer très formée, le bâtiment de la Marine Nationale Ailette tente une mise en œuvre du récupérateur Transrec puis du récupérateur Foilex, sans succès. Quatre autres navires, Alcyon (France), British Shield (Royaume-Uni), Neuwerk (Allemagne) et Arca (Pays-Bas) se mobilisent mais les conditions de mer les empêchent de mener à bien des opérations de pompage. Lorsque la mer se calme, ils tentent un début de récupération qui confirme la faisabilité de l’opération. TotalFina met un bitumier à la disposition de la Marine pour récupérer le produit qui sera stocké en Charente-Maritime et Vendée. Le volume total récupéré en mer est porté à 1100 tonnes avant l’arrêt des opérations par les navires qui se mettent à l’abri avant l'arrivée du mauvais temps. A la fin du mois un  faible suintement d’hydrocarbures sortant  de l’épave est confirmé. Le navire Abeille Supporter quitte Lorient pour une campagne d’inspection de l’épave par le robot sous-marin Abyssub

 

 

Les prévisions de Météo France et les premiers arrivages de pétrole sur la côte

Les premières prévisions de Météo France donnent une dérive vers l’est-sud-est, sans arrivée à terre dans les 5 jours. Deux jours après,  il situe le front de pollution à 60 milles à l’ouest de l’île d’Yeu sous 5 jours. METEO France soutient tout d'abord que les nappes ne devraient pas toucher le littoral. Puis il prévoit un impact sur l'île d'Yeu dans la nuit du 24 au 25 décembre. Ces prévisions poussent les préfets à déclencher les plans Polmar-terre en Charente-Maritime et en Vendée, le 22  décembre et quatre jour après en Loire Atlantique. En fait les premiers arrivages de pétrole seront constatés sur les plages de la Torche et du Guilvinec le 23 décembre, ce qui déclenche immédiatement le plan Polmar-terre dans le Finistère. Puis c'est toute la côte du Morbihan et plus particulièrement Groix et Belle Île, qui est touchée. Cependant le 30 décembre, le gros de la pollution atteint la Loire-Atlantique, entre Piriac-sur-Mer, La Turballe, la Baule, Saint-Nazaire et le Sud Loire jusqu’à Saint Brévin. Des nappes dérivantes menacent la baie de Bourgneuf. La pêche à pied de loisir de tous les coquillages et crustacés est interdite sur tout le littoral de Bretagne sud. Les premiers parcs conchylicoles sont fermés. Il s'agit d'une mesure préventive en attendant les résultats des analyses.

 

 

Nettoyage des plages et stockage des déchets

Au début janvier, la lutte sur le littoral continue dans le Finistère, se renforce dans le Morbihan et se développe en Loire-Atlantique. Des milliers de bénévoles, des sapeurs-pompiers, des militaires et du personnel de la protection civile sont engagés pour nettoyer les plages et les rochers souillés. Malgré les conditions de travail difficiles, puisque le vent souffle à plus de 100 km/h, les bennes de stockage sont vite saturées. TotalFina ouvre un centre capable de recevoir 20 000 m3 de déchets pollués à la raffinerie de Donges mais des centaines de tonnes de déchets sont entassées sur les bords des routes et des parkings en attendant des moyens de transport.  Le total des déchets récupérés à  la fin du mois de décembre est estimé à environ 20 000 m3. Ils proviennent en majorité de Loire-Atlantique.

 

 

Colère et incompréhension

Ces 20 premiers jours de la lutte contre la marée noire de l’Erika s’achèvent dans la colère, la chasse aux coupables et l’amertume. Colère des populations du littoral et du public, qui ne comprennent pas que l’on doive encore sortir les cirés, les pelles et les seaux, 20 ans après l’Amoco Cadiz. Chasse aux coupables de la part des médias qui, attendant la pollution à l’Ile d’Yeu, cherchent des cibles et accusent le gouvernement de mauvaise gestion, l’organisation Polmar d’insuffisances, TotalFina d’inconscience, le Cedre de sous-estimation de la pollution. Amertume de ceux qui ont consacré toute leur énergie à la marée noire depuis le premier jour. Tous les progrès et les efforts de la lutte en mer, de la surveillance et de la prévision de dérive des nappes, de la mise en place des plans Polmar-terre et des moyens correspondants sont occultés par une vision lapidaire des médias et des internautes selon lesquels " rien n’a changé depuis l’Amoco Cadiz " (extrait du  journal du Cedre).

 

 

Mais que fait Ifremer pendant ce temps là?

Dans un premier temps le préfet maritime de Brest ne sollicite pas Ifremer. Cependant IFREMER, à la demande des collectivités locales de Vendée et Loire Atlantique, décide de faire un point "0". IFREMER va donc mesurer le taux de contamination par les Hydrocarbures  Aromatiques Polycycliques dans les coquillages avant l'arrivée des nappes sur les côtes. Ceci lui est d'autant plus facile qu'il gère depuis plusieurs années déjà 3 réseaux de surveillance de l'état de l'environnement littoral, dont le RNO, Réseau National d'Observation. Le RNO mesure les contaminations chimiques à partir d'échantillons de coquillages et d'eau prélevés plus spécifiquement dans des zones conchylicoles. Ce point "0" est très important.  Il doit permettre de connaître la différence de contamination avant et après l'arrivée des nappes sur les côtes. Ces mesures pourront être utilisées en cas de litiges lorsque le FIPOL indemnisera les professionnels de la mer ayant subi des dommages dus à la pollution.

 

 

Janvier

 

Il faut attendre les résultats d'analyse…

Après l'arrivée des premières nappes  sur les côtes, l'IFREMER renforce son Réseau National d'Observation en augmentant ses points de prélèvements de coquillages. 84 points de prélèvement sont déterminés entre Penmarc'h et la Baie de l'Aiguillon + l'île de Ré. Les coquillages prélevés sont tout d'abord entreposés en chambres froides en attendant de connaître la composition du pétrole de l'Erika qui doit être communiquée par l'IFP et surtout le seuil  au dessus duquel la contamination est considérée comme néfaste pour la santé humaine. Ce seuil doit être communiqué par l'ASSFA.

 

On ferme des concessions et on commence à parler d'indemnisations

Le 4 janvier une première réunion de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA) recommande l’interdiction de la pêche à pied dans les zones affectées et la fermeture de la mise en marché de coquillages d’élevage prélevés après l’arrivée de la contamination. Le 13, l’AFSSA identifie les molécules à risque à rechercher et l’IFREMER propose des critères de fermeture de l’activité conchylicole, qui touchent les 4/5èmes des concessions de Loire-Atlantique et le 1/5ème de celles de Vendée. Le 12, l’assureur du navire et le FIPOL ouvrent un bureau conjoint d’indemnisation à Lorient. Le 16, le ministère de l’aménagement du territoire et de l’environnement crée un observatoire environnemental de la pollution de l’Erika. Le principal impact environnemental quantifié fin janvier touche les oiseaux de mer, avec un peu plus de 60 000 oiseaux souillés ramassés morts ou vivants.

 

 

 

Février

 

La lutte s'organise

Les arrivées régulières de boulettes dans le Finistère, le Morbihan, la Loire Atlantique et la Vendée imposent de maintenir de nombreux chantiers de nettoyage qui sont gênés par l'arrivée de centaines de tonnes d'algues faiblement polluées sur la côte. L’utilisation de cribleuses de plage s’est fortement accrue durant le mois pour la récupération de boulettes de polluant enfouies jusqu’à 25-30 cm dans les plages. La situation des stockages de déchets à cette date est de 56 400 tonnes à Donges, 17 900 tonnes à Paimbeuf, 30 000 tonnes à Arceau et 11 700 tonnes dans les stockages intermédiaires avec des  arrivées continuant sur un rythme d’une cinquantaine de camions par jour.

 

 

Les paludiers s'en mêlent

La pollution de l’Erika a soulevé un problème encore jamais rencontré, celui d’une saliculture livrant un produit de terroir, à Guérande et Noirmoutier. Cela pose la question de la qualité d’eau acceptable pour l’alimentation des bassins à partir d’avril, condition pour une récolte cette année. Après constitution d’un comité scientifique le 4 février, des représentants des professionnels, des préfectures, de l’Ifremer, du Cedre, des DDASS, de l’Université de Nantes et de l’ITOPF travaillent tout le mois à concevoir une campagne de suivi et des critères de décision acceptables par tous, en l’absence d’une norme et de références antérieures.

 

 

 

Mars - avril

 

Les pouvoirs publics minimisent les conséquences de la marée noire : réactions

Devant l'inertie des pouvoirs publics et surtout du ministère de l'Environnement, des collectifs anti-marée noire se créent, notamment celui de Saint Nazaire, de la Presqu'ile et du Pays de Retz. Les autorités locales, elles aussi, ont tendance à minimiser l'étendue des dégâts de peur de subir une désaffection des touristes dans leur région. Alors qu'un laboratoire privé prétend que le pétrole de l'Erika est un résidu de raffinage toxique hautement cancérigène, la DDASS, la Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales, affirme que les analyses n'ont pas détecté la présence d'hydrocarbures volatils sur les plages souillées. Finalement La Préfecture de Loire Atlantique confirme qu'il s'agit bien d'un fuel lourd utilisé pour la combustion dans les centrales thermiques et les cimenteries et qu'il faut respecter les consignes de protection des plans polmar-terre. De leur côté les collectifs anti-marée noire exigent que soit appliqué le principe du pollueur-payeur. Ils proposent aussi d'interdire les pétroliers sans double coque et de mettre en place une police de mer sur le modèle des gardes côtes américains. Dans le même temps les médias révèlent que des cuves de stockage sont encore pleines du pétrole de l'Amoco Cadiz, et les conchyliculteurs expriment leur "ras le bol" des belles paroles alors que dans la réalité les indemnités du FIPOL  (Fonds d'Indemnisation des Pollutions Marines) ne suivent pas.

 


La guerre des paludiers

Le conflit oppose le syndicat des paludiers indépendants et le groupement des producteur de sel de Pradel (coopé). Les premiers souhaitent pouvoir faire rentrer de l'eau de mer dans les marais salants bien que le niveau de pollution, 200 ng par litre, soit nettement supérieur à celui constaté avant la marée noire, 15ng. Le second, qui a une réserve de sel suffisante, préfère attendre que le niveau de contamination soit redescendu au niveau initial. Le taux de contamination actuel est en dessous du seuil de risque sanitaire mais les paludiers de la "coopé" qui ont un label à défendre, entendent conserver au sel de Guérande l'image d'un produit "sain". Le 15 avril un arrêté préfectoral interdit l'entrée de l'eau dans les marais salants, leur exploitation est interdite.

 

Mai - juin

 

Protestations et poursuites en justice

Dès le 15 décembre le capitaine de l'Erika, l'indien Karun Mathur avait été mis en examen et relâché quelques semaines plus tard. Cinq mois après deux italiens sont également mis en examen : le propriétaire de l'Erika, Giuseppe Savarese et Antonio Pollara de la société Panship chargée de la gestion technique du navire. Dans le même temps des associations écologistes dont Bretagne Vivante/ SEPNB menacent de poursuivre Totalfina en justice. Des organisations non gouvernementales lancent une campagne auprès de l'opinion pour obtenir un renforcement du droit maritime de l'Union Européenne. La France inscrit ce point à l'ordre du jour des négociations qui auront lieu pendant sa Présidence à l'Union Européenne.

 

Réouverture progressive des parcs conchylicoles

Ifremer continue ses prélèvements mensuels, voire bi-mensuels dans les zones conchylicoles. Les analyses sous-traitées à un laboratoire chimique de Rouen mettent en évidence des taux de contamination de moins en moins élevés. Petit à petit les préfectures des régions littorales décident la réouverture des parcs. Certaines zones comme Le Croisic restent cependant très contaminées.

 

Préparation du Pompage du fioul de l'Erika

C'est Totalfina qui coordonne les opérations de pompage du fioul de l'Erika situé à 70 km des côtes du sud Finistère. Le pompage est prévu pour le début juillet et devrait durer jusqu'en septembre. Des plongeurs et des robots sous-marins vont tout d'abord installer des modules de pompage et des valves de sécurité sur les deux parties de l'épave qui gît par 120 m de fond; 200 hommes dont 18 plongeurs ainsi que 7 navires de support de travaux seront mobilisés pour l'opération dont le coût se monte à 500 millions de francs. Celui-ci sera pris en charge par Total Fina.

 

 
Sitemap